06 octobre 2006

Un casse-tête un peu casse-couilles

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Dans le discours féministe, la galanterie aurait pour fonction de maintenir les femmes dans la dépendance physique des hommes ainsi que de permettre à ceux-ci d'entreprendre une drague plus poussée en s'abstenant du consentement véritable de leurs "proies". La galanterie viserait à maintenir l'idée chez les femmes qu'elles sont trop faibles pour porter des choses lourdes, pour se défendre ou pour ouvrir une porte seules quand il ne s'agit pas d'un prétexte pour matter les fesses de celle à qui on aura concédé hypocritement le passage.
Ainsi un homme qui accepte de faire le larbin, de se prêter aux attentions toutes galantes, agirait en fait pour des fins moins gratuites et moins avouables qu'en apparence en manipulant sa victime de telle sorte qu'elle ne soit plus en mesure de refuser des avances sexuelles ultérieures ou pour servir un enjeu plus global et concerté d'infériorisation des femmes.
Dans les magazines féminins, c'est un tout autre son de cloche. On déplore la disparition de la galanterie, on se demande "Où sont passés les vrais hommes ?". A lire les articles de ces magazines, les hommes seraient de plus en plus goujats, n'oseraient plus aborder les femmes, ne voudraient plus coucher le premier soir etc.
Bon admettons.
Un jour, je me dirige vers la lourde porte battante d'une galerie commerciale, je la pousse et jette un coup d'oeil derrière moi comme d'habitude. L'individu qui me talonne est une femme ! Panique. Que fais-je ?
Je lui tiens la porte au risque de passer pour un séide du patriarcat ou pour un dragueur lubrique ?
Je laisse la porte se refermer sur son nez en oubliant toute courtoisie voire toute galanterie ?
A t'elle une tête à lire Elle ou celle d'une Chienne de Garde ?
Je fais appel au coup de fil à une amie, au 50/50 ou à l'avis du public féminin ?

Conclusion: Baissons les yeux, jouons l'indifférence et attendons que les théoriciennes du masculin s'accordent sur ce que nous, mâles, pensons et sur comment nous devons nous comporter en présence de femmes. Après tout, ce ne sont pas nos affaires. Si ?

3 commentaires:

karline a dit…

ah non surtout ne baissez pas les yeux!!!
ni le reste d'ailleurs, il y a encore des femmes qui aiment qu'on leur tienne la porte, qu'on leur envoie un sourire gratos et que les hommes soient sécurisants.
soyez sûr que celles-ci sont aussi désagréablement jugées par ces amazones du vingt-et-unième siécle que vous, hommes, mais qui pleurent leur quarantaine solitaire qu'elles vont combler entre copines dans des soirées, où elles vont pouvoir glisser un billet dans le string d'un mec (berck!), imitant en cela ce que je trouve de plus déprimant chez les hommes.
ouvrez les yeux la prochaine fois en tenant la porte, vous risqueriez de la râter, celle que vous cherchez...
et c'est un femme qui vous le dit et mariée en plus...pas fâchée de l'être!

jérémie baidaoui a dit…

Hmm... Pas simple de savoir concrètement d'ou nous vient cette "merveilleuse coutume" qu'est la galanterie, mais j'ai bien peur de trouver ladite coutume des plus douteuse...
Je cite ce petit passage d'une recherche consacrée a la galanterie: «Pour que la relation galante fonctionne, il faut une certaine prévisibilité des attentes de chaque sexe vis-à-vis de l'autre: l'homme entraîne, la femme résiste ou cède. Il a l'initiative, elle a le dernier mot.» Et voila précisément en quoi la galanterie me dérange. Cette répartition des rôles sous-entendue me hérisse. Et je suis toujours surpris d'entendre des commentaires comme celui ci-dessus, d'une femme qui plus est...
C'est en cela que le discours féministe parle de soumission et cela se comprend. Même si, je suis bien d'accord pour dire que pratiquement aucun homme ne pense consciemment la galanterie comme étant un moyen d'asservir les femmes bien évidement! Mais au-delà, la pratique galante ne fait que nourrir les esprits de cette notion de passivité, qui devrait être celle de la femme ; que l'homme se devrait être le garant de tout ce qui est de l'ordre de l'action. « L'homme propose, la femme dispose » : ne faudrait il pas mettre fin à ce genre de comportements ancrés dans nos mentalité, en commençant par se poser la question de ces petites choses, telle que la notion de galanterie, qui est, selon moi l'un des multiples affluents de notre comportement stéréotypé et stéréotypant, de mâles dominant... ?

Farewell a dit…

"mâle dominant"
Dominant ?
Porter les choses lourdes, tirer une chaise, ouvrir une porte, s'effacer, tous ces comportements qu'on trouverait normal de la part d'un domestique seraient comportements de mâle dominant ?
C'est justement ce discours féministe dominant (lui) devenu un reflexe que je dénonce. Avec cette logique, la mère qui insiste pour faire systématiquement la tambouille à la maison, pendant que les hommes mettent les pieds sous la table, est une femelle dominante dans toute sa splendeur.

Ce terme "dominant" (comme dominée) devenu propriété intellectuelle des féministes fige les hommes dans ce statut de dominant (les femmes en dominées). Ce statut est invariant au sexe mâle. Il est essentialisé par ces mêmes féministes qui disent refuser l'essentialisme ! Un larbin n'est pas le dominant de la bourgeoise qui l'emploie.